Catalogue · Matières et finition
En quel acier sont faits les adaptateurs et les raccords, avec quoi ils sont revêtus, ce que signifient les heures de brouillard salin et comment lire un rapport d’essai. Tout ce que l’on demande en général avant une première commande.
Acier
Les corps d’adaptateurs, embouts, écrous et jupes à sertir du catalogue sont en acier de construction au carbone. C’est un choix délibéré, pas une économie : l’acier au carbone s’usine et se forme bien, tient la pression de service hydraulique avec une large marge et coûte une fraction de l’inox. Dans un circuit hydraulique, la pièce baigne dans l’huile à l’intérieur et est protégée par le revêtement à l’extérieur ; la résistance à la corrosion de l’acier lui-même est donc rarement nécessaire.
La nuance est dictée par le mode d’obtention de l’ébauche. Les formes simples — jupes, écrous, embouts courts — se frappent de préférence à froid à partir de barre ou de fil : le métal n’est pas enlevé mais déplacé, le fibrage suit le contour de la pièce, et la résistance est supérieure à celle d’une pièce tournée dans la même barre. Cela demande un acier ductile à bas carbone. Les corps de coudes, de tés et d’adaptateurs de forme complexe sont tournés dans de la barre laminée à chaud ou matricés puis usinés ; là, un acier plus carboné est acceptable, et il tient mieux les filetages et les cônes de siège.
Après frappe à froid, les jupes subissent un traitement thermique : le métal écroui est recuit pour retrouver sa ductilité, car une jupe à sertir doit fluer sous les mors de la presse, pas se fissurer. C’est une des raisons pour lesquelles jupes et raccords viennent d’usines différentes — ébauches différentes, machines différentes, régimes différents.
- L’acier au carbone est le standard pour toutes les séries du catalogue, sauf indication contraire dans la description de la série.
- L’acier inoxydable AISI 304 ou 316 est possible sur commande pour certaines séries ; renseignez-vous sur le délai et la quantité minimale lors de votre demande.
- Le laiton n’est pas utilisé dans les raccords hydrauliques haute pression — uniquement en pneumatique et sur les lignes basse pression.
Quelles pièces sont forgées, lesquelles sont tournées dans la barre et lesquelles sont frappées à froid à partir de fil : c’est expliqué dans l’article « Procédé de fabrication ».
Zingage
À l’extérieur, la pièce est protégée par un zingage électrolytique. Le zinc n’agit pas comme une peinture mais comme une couche sacrificielle : il est électrochimiquement plus actif que l’acier et se corrode en premier, couvrant l’acier même là où le revêtement est rayé. Tant qu’il reste du zinc sur la pièce, il n’y aura pas de rouille rouge.
L’épaisseur du revêtement sur les raccords hydrauliques est en général de 5 à 12 microns. On ne la fait pas plus épaisse : les filetages et les cônes de siège sont tolérancés au centième de millimètre, et un surplus de zinc y gêne le montage. C’est pourquoi on ne peut pas demander « un revêtement plus épais » sur un raccord comme on le ferait sur un boulon — la résistance se gagne par la passivation, pas par l’épaisseur.
La passivation est une fine couche de conversion par-dessus le zinc qui ralentit la corrosion du zinc lui-même, c’est-à-dire retarde l’apparition des dépôts blancs. Jusqu’au milieu des années 2000, cette couche était à base de chrome hexavalent. Il est aujourd’hui interdit en Europe par les directives RoHS et VHU, et tout le catalogue est passivé au chrome trivalent, Cr(III). Les couches trivalentes modernes avec finition de scellement égalent les anciennes en résistance, mais il faut les nommer dans le cahier des charges : « zingué avec passivation Cr(III) », et pas seulement « zingué ».
La couleur du revêtement indique le type de passivation. Argent bleuté, c’est la couche mince, l’option la plus courante sur les raccords. Irisé, avec des reflets jaune-vert, c’est la passivation en couche épaisse, qui donne plus d’heures au brouillard salin. Le noir se rencontre sur des pièces décoratives et est rare en hydraulique. La couleur n’influe ni sur les filetages ni sur l’interchangeabilité, seulement sur la résistance et l’aspect.
Brouillard salin : ce que signifient les heures
La résistance du revêtement est testée en enceinte de brouillard salin selon ISO 9227 (ASTM B117 dans les spécifications américaines). La pièce est suspendue dans l’enceinte à 35 °C tandis qu’une solution saline à cinq pour cent s’y dépose en continu. Les heures sont comptées jusqu’à deux événements.
Corrosion blancheproduits de corrosion du zinc
Un dépôt blanc, poudreux — c’est le zinc lui-même qui se corrode. Le revêtement fonctionne encore et l’acier en dessous est intact, mais la couche protectrice a commencé à se consommer. Pour des raccords qui restent en stock et sont montés plus tard, c’est le chiffre qui compte le plus : le dépôt blanc gâte l’aspect et peut gêner le montage sur les filetages.
- Les cahiers des charges demandent en général de 48 à 120 heures jusqu’à la corrosion blanche.
Corrosion rougerouille du métal de base
Des taches rouge-brun — à cet endroit, le zinc est consommé et l’acier rouille. Le revêtement a fait son travail. En hydraulique, c’est déjà un rebut sur l’aspect, bien que la résistance de la pièce n’en ait pas encore souffert.
- Avec une passivation trivalente, la corrosion rouge apparaît en général après 240–500 heures.
Valeurs de référence pour 8 microns de zinc électrolytique : passivation bleue Cr(III) — 72–120 heures jusqu’à la corrosion blanche ; couche épaisse irisée — 120–200 heures ; avec finition de scellement supplémentaire — 200–300 heures et plus. L’exigence de base pour le revêtement du catalogue est d’au moins 96 heures jusqu’à la corrosion blanche ; le rapport d’essai du lot est disponible sur demande.
- Les heures de brouillard salin ne se convertissent pas en années de service : c’est un essai comparatif, pas une prévision. Il permet de comparer deux revêtements entre eux, pas de dire combien de temps une pièce durera sur telle pelle hydraulique.
- L’essai se fait sur des éprouvettes plates ou sur les pièces elles-mêmes ; sur un filetage, le résultat est toujours moins bon que sur une surface lisse — c’est normal et cela doit être précisé dans la méthode.
- Si un cahier des charges indique « 240 heures » sans précision, demandez : jusqu’à la corrosion blanche ou jusqu’à la rouge. Entre les deux exigences, le coût du revêtement varie d’un facteur trois à quatre.
Comment lire un rapport d’essai
- Méthode d’essai : ISO 9227 NSS (brouillard salin neutre) ou ASTM B117. Les autres régimes — AASS, CASS — sont plus sévères et ne s’emploient pas pour le zinc.
- Ce qui a été testé : des éprouvettes témoins zinguées avec le lot, ou des pièces du lot. La seconde option est la plus honnête.
- Épaisseur de revêtement mesurée avant l’essai, en général par fluorescence X selon ISO 3497, sur une zone plane.
- Le critère : heures jusqu’aux premières traces de corrosion blanche et jusqu’aux premières traces de rouge ; parfois la surface atteinte en pour cent selon ISO 10289.
- Le type de passivation et si une finition de scellement a été appliquée. Sans cette ligne, les heures ne peuvent être comparées à rien.
Joints
Les joints toriques des raccords ORFS, des raccordements métriques à face plate et des adaptateurs SAE à embase à joint torique sont en NBR, caoutchouc nitrile. C’est la matière standard pour les huiles hydrauliques minérales : température de service de −30 à +100 °C, brièvement jusqu’à +120 °C. Pour les hautes températures, les fluides biodégradables à base d’esters et les milieux agressifs, les joints sont remplacés par du FKM (fluoroélastomère, nom commercial Viton) : −20 à +200 °C. Les joints sont livrés montés ; un passage au FKM est possible sur demande pour un lot.
Le joint bonded sous BSP est une rondelle en acier avec une bague en caoutchouc vulcanisée à l’intérieur. La rondelle est zinguée comme le raccord, le caoutchouc est en NBR. Le joint est à usage unique : il se remplace après démontage.
Stockage et transport
Le zingage ne craint pas le sel mais la condensation : dans un conteneur fermé, quand la température oscille, la rosée se forme sur l’acier froid et le dépôt blanc apparaît en quelques semaines plutôt qu’en quelques années. Les pièces sont donc emballées dans du polyéthylène avec inhibiteur de corrosion (VCI), et les cartons vont sur palettes sous film étirable. En entrepôt, maintenez l’humidité relative en dessous de 60 % et évitez tout contact direct avec des pièces en inox ou en cuivre : au contact de celles-ci, le zinc se corrode plus vite.
- Ne retirez pas l’emballage d’usine avant le montage si les pièces partent en stockage de longue durée.
- Les bouchons filetés d’orifice ne sont pas de l’emballage mais une protection des cônes de siège ; retirez-les juste avant le montage.
Que mettre dans une demande
Si vous avez une exigence de revêtement — issue d’un appel d’offres, d’un client final ou de votre propre catalogue — envoyez-la telle quelle. Quatre lignes suffisent en général : matière, épaisseur de zinc, type de passivation, heures jusqu’à la corrosion blanche et jusqu’à la rouge. Sur cette base, nous confirmons la finition standard ou proposons l’option la plus proche ; le rapport d’essai du lot est fourni sur demande.
Recherche intelligente
Besoin d’heures de brouillard salin pour un appel d’offres ?
Envoyez-nous la ligne du cahier des charges : nous ferons correspondre la passivation et l’épaisseur de revêtement ; le rapport d’essai du lot est fourni sur demande.